Table des matières :
- 2026 marque la bascule : l’expérience phygitale devient la norme
- IA événementielle : du moteur de recommandation au contenu génératif en direct
- Mesurer et optimiser l’engagement : capteurs, data et algorithmes prédictifs
- Sécurité et confiance : un impératif stratégique en 2026
- Cas d’école : Learning Show 2025 et DBS Groupe, avant-goût des tendances 2026
- Roadmap phygitale : 6 actions concrètes pour réussir 2026
2026 marque la bascule : l’expérience phygitale devient la norme
Dès le milieu des années 2020, une tendance s’est imposée dans l’événementiel : la fin de l’opposition entre présentiel et distanciel. Les participants ne pensent plus en termes de formats, mais d’expérience globale. En 2026, un événement n’existe plus seulement dans une salle ou derrière un écran : il se déploie dans un espace phygital continu, fluide et cohérent. On s’inscrit sur mobile, on prolonge une conférence via une interaction immersive sur site, on conserve une trace numérique de l’expérience une fois rentré.
Cette convergence s’explique aussi par la hausse de l’empreinte carbone du digital pur ; les organisateurs équilibrent désormais déplacements physiques ciblés et interactions virtuelles à faible émission.
« Une heure de visionnage représente l’émission de 55 g de CO2e en moyenne en Europe. »
— Les numériques, Article “Le vrai coût écologique du streaming vidéo”, 2022
En parallèle, le public post-Covid recherche la spontanéité du présentiel sans abandonner le confort du distanciel. Les designers d’expériences parlent d’« interstices émotionnels » : ces moments où le digital amplifie, plutôt qu’il ne remplace, la rencontre physique. D’où l’explosion des installations mixtes : photobooth IA, dispositifs AR dans les files d’attente, ou encore studios de live radio installés directement dans les halls (voir notre retour d’expérience Live radio : notre dispositif live au Learning Show 2025).
Les organisateurs doivent donc penser « glocal » : storytelling internationalisé, mais activations physiques ultra-locales (partenariats avec la métropole, circuits courts pour la restauration, décoration inspirée du quartier).
IA événementielle : du moteur de recommandation au contenu génératif en direct
L’intelligence artificielle n’est plus un gadget marketing. En 2026, elle orchestre l’ensemble du cycle de vie de l’événement. Premier contact : le moteur de recommandation. Basé sur BERT (Google) et affûté par les embeddings de GPT-4o, il anticipe les centres d’intérêt des inscrits et leur propose un parcours personnalisé.
Sur le terrain, l’IA se rend tangible. Nos clients sollicitent de plus en plus le Photobooth IA : la borne détourne la caméra pour générer, en quelques secondes, une scène immersive inspirée des univers de marque. La version compacte Mini Kiosque IA permet de multiplier les points de contact dans une même zone sans congestionner le flux visiteurs.
Autre levier très concret : la synthèse vocale multilingue en temps réel. Microsoft Azure Cognitive Services ou ElevenLabs lisent désormais un discours en 16 langues avec moins de 200 ms de latence.
Enfin, la démocratisation des agents conversationnels spécialisés bouscule la relation exposant-visiteur. Des booths embarquent un petit écran relié à un modèle vertical « Events-GPT » fine-tuné sur les fiches produits. La FAQ devient interactive ; l’exposant libère du temps humain pour les échanges à forte valeur.
Mesurer et optimiser l’engagement : capteurs, data et algorithmes prédictifs
Le phygital transforme radicalement la façon dont on mesure et optimise l’engagement des participants. Des technologies comme les points d’accès Wi-Fi, les capteurs passifs, les compteurs de fréquentation et les plateformes analytiques permettent de suivre des indicateurs comportementaux fondamentaux : combien de temps un visiteur reste à un stand, dans quelles zones il circule le plus, ou encore quelles sessions captent le plus d’attention. Ces données, alimentées en continu, offrent aux organisateurs une vision plus fine de l’expérience utilisateur que ne le faisaient les enquêtes post-événement classiques.
Dans la pratique, ces technologies exploitent des flux de données qui émergent naturellement d’un événement : la connexion des dispositifs mobiles aux réseaux, la fréquentation des zones via capteurs, ou encore les interactions via l’application de l’événement. Couplées à des outils analytiques puissants, elles permettent de passer d’un suivi descriptif à une analyse prescriptive et opérationnelle, avec des visualisations en temps réel sur tableaux de bord et alertes pour optimiser le déroulement de l’événement.
Au-delà des simples métriques de présence, l’écosystème numérique offre aussi des manières d’appréhender des aspects plus qualitatifs de l’expérience, en combinant les retours directs des participants avec des mesures objectives. La collecte et l’usage de ces données doivent toutefois s’effectuer dans un cadre respectueux de la vie privée et conforme au RGPD, avec des mécanismes explicites de consentement et des options de granularité des données pour les visiteurs.
« Les événements modernes génèrent une énorme quantité de données issues de la billetterie, des scans RFID/NFC, des applications mobiles, des transactions sans contact et des capteurs. Les organisateurs qui réussissent transforment ces données comportementales des participants en ajustements en temps réel et en améliorations durables, plutôt que de les laisser inutilisées. »
— Ticketfairy, article “Event Data Analytics & Reporting in 2026: Turning Attendee Behavior into Actionable Insights“, 2026
Cette transformation engage une double dynamique. D’une part, les organisateurs obtiennent des insights opérationnels plus profonds et plus immédiats. D’autre part, ils sont capables d’optimiser l’expérience en direct, par exemple en réallouant des ressources, en adaptant des animations ou en affinant des recommandations personnalisées, plutôt que d’attendre le bilan post-événement.
Sécurité et confiance : un impératif stratégique en 2026
Phygital rime avec vulnérabilités nouvelles. Salles densifiées, réseau ultra-connecté, caméras intelligentes : la surface d’attaque explose. Face à ce risque, trois piliers s’imposent.
- Zéro Trust Réseau. Fini le Wi-Fi open bar ; chaque appareil doit être authentifié. Les accès sont contrôlés et les flux protégés.
- Respect de la vie privée. La surveillance automatisée peut aider à repérer des incidents, mais les données sensibles doivent être anonymisées dès la capture. Les règles CNIL ou RGPD servent de cadre pour protéger les participants.
- Gestion de foule prédictive. Les organisateurs peuvent anticiper les zones de forte affluence et ajuster le parcours des visiteurs en temps réel, grâce à la combinaison d’observation sur site et d’analyses comportementales anonymisées.
Ces bonnes pratiques permettent de réduire les risques et de protéger la marque, tout en améliorant l’expérience du public. Un incident de sécurité bien géré passe presque inaperçu, alors qu’une erreur peut se propager sur les réseaux sociaux.
Cas d’école : Learning Show 2025 et DBS Groupe, avant-goût des tendances 2026
Le Learning Show 2025 à Rennes a été l’occasion de tester notre studio de Live Radio événementielle. Nous avons interviewé les participants directement sur le salon et enregistré des sessions en direct. Ces contenus seront ensuite accessibles en replay, prolongeant l’expérience au-delà du salon.
Pour DBS Groupe, nous avons conçu une expérience immersive 360° permettant de visiter virtuellement le centre de tri. Cette expérience peut être déployée sur les salons pour donner aux visiteurs un aperçu immersif des installations.
Ces dispositifs montrent qu’un contenu phygital bien pensé, combinant interaction et immersion, permet de retenir plus longtemps les visiteurs sur le stand et de renforcer leur engagement.
Roadmap phygitale : 6 actions concrètes pour réussir 2026
- Cartographier vos points de contact actuels. Distinguez les moments physiques, digitaux et hybrides.
- Prototyper un pilote IA à faible risque. Un Bodybooth IA sur un stand suffit à tester l’appétence du public pour le génératif, sans refonte globale.
- Mettre en place une politique Zero Trust Wi-Fi.
- Former vos équipes à la data RGPD. Une demi-journée suffit pour maîtriser les bases ; proposez-la juste après la répétition générale.
- Préparer un kit de contenus multilingues. Exploitez la synthèse vocale IA ; prévoyez un plan B offline (fichiers audio téléchargeables) pour parer aux pannes réseau.
- Simuler vos flux de foule. Un jumeau numérique peut se louer à la journée. Intégrez-y les contraintes PEF (Plan d’Évacuation de Foule) locales.
En suivant ces étapes, vous posez les fondations d’une stratégie événementielle 2026 à la fois innovante, mesurable et résiliente.
Le mot de la fin ? 2026 n’opposera plus présentiel et virtuel. Le vrai défi sera l’orchestration : aligner la technologie sur l’émotion, sans jamais sacrifier la sécurité ni la protection des données. Les organisateurs qui sauront composer cette partition phygitale créeront des expériences mémorables… et mesurables.
